Pour la vente d’un bien en indivision, la règle générale exige l’unanimité des indivisaires. Cela signifie que tous doivent être d’accord pour vendre.
Cependant, il existe une exception prévue par l’article 815-5-1 du Code civil.
Si un ou plusieurs indivisaires représentant au moins deux tiers des droits indivis souhaitent vendre, ils peuvent demander l’autorisation au tribunal judiciaire. Le juge peut alors autoriser la vente, même en cas d’opposition des autres indivisaires, à condition que cette vente ne porte pas atteinte de manière excessive aux droits des opposants.
Cette règle vise à éviter le blocage total d’une indivision lorsque la majorité des indivisaires est favorable à la vente.
L’article 815-5-1 du Code civil concerne une exception importante à la règle de l’unanimité en indivision. Il permet de procéder à une vente forcée d’un bien indivis à condition que les indivisaires favorables à la vente représentent au moins deux tiers des droits indivis (et non deux tiers des personnes).
Voici les principaux points à connaître :
Contexte de l’article 815-5-1 du Code civil
Cet article vise à résoudre les situations de blocage dans une indivision. Lorsque certains indivisaires s’opposent à la vente d’un bien, cela peut freiner la gestion du patrimoine commun et nuire aux intérêts de la majorité.
Conditions de la vente forcée
- Les indivisaires favorables à la vente doivent détenir ensemble au moins deux tiers des parts indivises
- Une demande au tribunal judiciaire est nécessaire pour autoriser la vente.
Rôle du tribunal
Le juge examine la demande en prenant en compte :
- Les motifs invoqués par les indivisaires majoritaires.
- Les droits des indivisaires opposés à la vente.
- Les conséquences de la vente pour toutes les parties.
Le tribunal autorise la vente si celle-ci ne porte pas une atteinte excessive aux droits des opposants.
Exemple concret
Une maison est détenue en indivision par trois héritiers :
- A possède 50 % des parts, B 25 %, et C 25 %.
- A et B souhaitent vendre. Ensemble, ils détiennent 75 % des droits indivis (plus de deux tiers).
- C refuse la vente.
A et B peuvent saisir le tribunal pour demander l’autorisation de vendre. Si le juge estime que la vente est justifiée et ne nuit pas gravement à C, il ordonne la vente.
Limites de l’article 815-5-1 du Code civil
- La procédure peut être longue et engendrer des frais.
- Le juge ne suit pas systématiquement la demande des indivisaires majoritaires.
- Cet article ne s’applique pas si un indivisaire a obtenu un sursis à partage (par exemple, pour protéger un logement familial).
L’article 815-5-1 offre une solution légale pour éviter les blocages en indivision, mais il nécessite une approche mesurée et, idéalement, une concertation préalable entre les indivisaires.

